Ce  mercredi 18 janvier  2017, les députés du président Hollande , vont autoriser la   ratification  d’un  accord cadre du 7 juin 2010, négocié ou signé par des ministres du gouvernement Fr Fillon , pour  enclencher le processus d’abandon  discret ,  en faveur de  l’île Maurice ,  de notre souveraineté sur les 270 000 km2 de notre territoire maritime de Tromelin,  dans l’océan indien..

 

Ce n’est pas rien. Abandonner presque la moitié de la superficie de la France métropolitaine, renoncer à des ressources halieutiques immenses, quand nos thoniers de la méditerranée restent à quai 11 mois sur 12, se priver de gisements pétroliers et gaziers probablement de l’importance de ceux de la Mer du Nord, sacrifier notre avenir de puissance minière en renonçant aux champs de nodules polymétalliques des fonds  marins de Tromelin et s’enlever volontairement une position stratégique de  porte avion sur la route de nos terres australes, une telle décision, avec de telles conséquences , mérite un débat. Et à trois jours d’un telle amputation du patrimoine de la France, le dimanche 15 janvier, lors du second débat des primaires de la « belle alliance populaire », c’était le moment rêvé   pour  en débattre. Puisque  l’actualité l’imposait.

 

Arnaud Montebourg par exemple, flamboyant pourfendeur des paradis fiscaux, avait là l’occasion d’une offensive,  servie  sur un plateau. Car enfin, la cession de Tromelin, maquillée sous le nom fumigène  de « cogestion »,  se fait en faveur de l’île Maurice, à 500 km de là,   où des affairistes de l’immobilier et des services se sont fait  un Etat « cocotier  », pour des capitaux fiscalement « délocalisés » .  Par exemple des capitaux  d’un secrétaire d’ Etat UMP qui a pu, avec une société de droit mauricien, filiale d’une  Société de recherches, d’études et de participations (Sorep), détenue précisément , à plus de 30 %,  par lui ,  contribuer à  bâtir  des villas de luxe  permettant à leurs acquéreurs, avec un permis de résident mauricien permanent,  de ne payer ni impôt sur la fortune, ni taxe sur  les revenus du capital, ni droits de succession.

 

Arnaud de Montebourg, qui ne pouvait pas ne pas connaître ces échos figurant  de La Provence à d’autres médias, avait là de quoi toucher le cœur de son électorat épris de justice fiscale  et de s’élargir même un peu plus loin,  en posant la question : « mais au nom de quoi céder Tromelin, qui plus est à un Etat fiscalement ambigu » ?

 

Tromelin : le droit à l’autodétermination  pour les tortues

 

D’autant que dans cette  île et sa zone économique  exclusive autour d’elle,  à part des tortues et des poissons, il n’y a même  pas un  chat   pour réclamer un droit à l’autodétermination et ameuter l’ONU sur la France qui continuerait  la colonisation. Tromelin n’est pas en effet  l’Algérie et il n’y a aucun colonisé à libérer. Dès lors, les candidats à la primaire pouvaient parler. S’indigner. Alerter. François Henri Goullet  de Rugy, qui a proposé deux référendum par quinquennat, en avait  là, tout de suite, un à proposer. Un référendum national sur  l’autorisation  de ratifier  ou non  l’accord de  cession de Tromelin.

 

   Certes, mielleusement  maquillé en «   accord-cadre entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Maurice sur une  cogestion économique, scientifique et environnementale relative à  notre île de Tromelin et à ses espaces maritimes », l’abandon  de Tromelin  est  semblable aux 11. 000 contrats d’emprunts locaux  toxiques  de la fin des  années 90  , dont la toxicité  ,  qui a asphyxié communes , départements ou hôpitaux, ne s’est révélée que des années après. Ici, l’effet désintégrateur de notre empire maritime ne vas se révéler aussi que dans les années à venir. D’autant que   dans son rapport du 20 mars 2013, devant l’ Assemblée , le rapporteur  sur le sujet, Aymé Gaymard, lui même ancien expert du logement de luxe à Paris, a rajouté une couche de maquillage. Avec l’habileté du loup déguisé en vieille grand mère rassurant le Chaperon rouge français, il présente l’accord de cession de 2010 comme un tout petit   rien. Juste un  simple moyen technique  de régler modestement «  un différend ancien qui nuit au plein développement des relations franco mauriciennes ».Dont chacun sait sans doute qu’elles sont cruciales aux yeux des cinq millions de chômeurs  français...

Au demeurant ,  ne réglant presque qu’une querelle de pêcheurs sur des « ressources halieutiques », par « un arrangement bilatéral original et pragmatique », cet  accord-cadre et ses conventions d’application  permettraient « d’apaiser le seul contentieux existant entre la France et Maurice, qui entretiennent par ailleurs des relations politiques, culturelles et économiques excellentes… ». Mieux, cet accord   nous préserve «  les droits de pêche gratuits des armements français, déjà présents dans la zone » et offre « à nos navires de surveillance français  une base encore plus solide pour contrôler et si nécessaire verbaliser les navires étrangers », japonais surtout,  qui viennent nous piller nos ressources…

 Ainsi ronronne le rapporteur, comme Ganelon à Roncevaux  ronronnait à l’oreille de Charlemagne. Il n’y a pas là  de quoi fouetter un chat patriote…Aucune inquiétude à avoir…

Tromelin : Une histoire d’adverbe anglais

On croit rêver. A Tromelin, où , selon les mots d’un secrétaire d’ Etat socialiste  à l’Outre mer,  « on  est  chez nous » depuis trois siècles ,  où dès 1814 l’île  a été  placée sous la juridiction de La Réunion , et  où le statut est  celui de PTOM, pays et territoires d’outre-mer associé à l’Union européenne, un micro Etat , Maurice,  n’existant que depuis 1968, ancien territoire français d’ailleurs , sous le nom d’île  de France, avec une capitale Port Louis, construite de toute pièce, port, hôpital, arsenal, aqueduc,  en 1735 par le gouverneur  français Mahé de Labourdonnais,  prétend  depuis 1976  que tout cela lui appartient.  Qu’il est propriétaire de Tromelin. Et au nom de quoi ? Au nom d’une interprétation tirée par les cheveux d’un traité vieux de deux siècles, le traité de Paris de 1814, dont l’article 8 stipulait la cession par la France au Royaume-Uni de l’île Maurice et de ses dépendances, c’est à dire « nommément » dit le traité en français « Rodrigue et les Séchelles ».Donc pas Tromelin. Ce que conteste l’île Maurice en se fondant sur la version anglaise de ce traité, dans laquelle est employé, l’adverbe « especially Rodrigues and The Seychelles », là où la version française utilise « nommément ».

 

Nous réclamer 270 000 km2 de notre territoire au nom d’un dictionnaire,d’un adverbe et en faisant joujou avec la grammaire, c’est déjà beaucoup. Mais le sommet est ailleurs. Le président Sarkozy , le président Hollande, le ministre des affaires étrangères de janvier  2012, Alain Juppé, le premier  ministre de 2010, François Fillon, les sénateurs de décembre 2012 et maintenant les députés du 18 janvier 2017, sont , eux , d’accord.

 

Une poignée de personnes dirigeant une île, appelée Etat, nous réclament  270 000 km2 de chez nous, et une oligarchie d’un  millier de français, dirigeant notre pays, répond  oui. En ajoutant seulement : « On va vous donner Tromelin, mais il faut le faire discrètement . On appellera  donc la cession, accord de cogestion ». En échange vous nous donnerez quoi ?…C’est la question que les uns et les autres nous nous posons.

Pourquoi font ils cela ?  En échange de quoi ? Pourquoi nos dirigeants trahissent notre pays ?

 

Pour des programmes immobiliers à l’île Maurice ? Oui dans un cas certes, mais pour tous les autres …?

 

D’Isabeau de Bavière à François Hollande…

 

Lorsqu’en 2009, la France n’a pas déposé à la commission compétente de l’ONU, notre dossier d’extension du plateau continental de Clipperton, nous faisant perdre 40 000 km2, soit l’équivalent de la Suisse, on comprend que c’est la rançon possible payée par le président Sarkozy au  voisin Mexicain, pour avoir une photo à côté de Florence Cassez libérée.

 

C’était  payer très cher une photo et des images télé en libérateur de prisonniers. Mais on comprend. On a dû  nous faire payer aussi beaucoup pour  faire libérer l’amie Ingrid Bettencourt des oligarques de France et de Colombie.  Mais dans le cas de Tromelin, on ne comprend pas bien, sinon rien. Pourquoi nos dirigeants  font ils    ce cadeau  d’un morceau de la France ?

 

Certes,   depuis Isabeau de Bavière  livrant  aux anglais  en 1420 la couronne de France , jusqu’aux signataires des accords d’ Evian abandonnant les Harkis et l’ Algérie, en passant par le duc de Choiseul,  donnant en1763 au roi d’Angleterre le Canada, du Mississippi à la Baie d’Hudson, en échange de St Domingue laissé à la grande bourgeoisie négrière de Bordeaux et de Nantes, ce n’est pas la première fois que nos  dirigeants  sur les siècles trahissent , disposent , dilapident , cèdent , vendent , la terre de la nation  qui ne leur appartient pas.

 

En 1980 ,  Valéry Giscard d’ Estaing a laissé  aussi les Nouvelles Hébrides en laissant étouffer ,  par les paras de Papouasie Nouvelle Guinée , les français loyalistes de l’île de Santo qui  pareille à Mayotte voulait rester française et se rattacher à notre Nouvelle Calédonie.

 

Mais, chaque fois , dans ces cas du passé,  l’ Algérie au sommet, il y avait une population et une contestation sur le territoire que nous abandonnions. A Tromelin, il n’y a rien. Pas la moindre explication, la moindre justification de l’invraisemblable abandon. C’est l’ignominie à l’état pur, d’autant  que cette opération va  enclencher une réaction en chaîne désintégrant à jamais tout l’empire maritime français.

 

Madagascar en effet, va réclamer et obtenir dans la foulée nos trois îles du canal du Mozamabique : St Jean de Nova, Europa,  Bassas da India. Les Comores vont à y être réclamer aussi  les îles Glorieuses, composées de l’île Grande Glorieuse et de l’île du Lys. Plus de 650 000 km2 de notre domaine maritime va partir. Avec le pétrole et le gaz offshore  de ST Jean de Nova.

 

 Même le rapporteur Hervé Gaymard ne dit pas autre chose. Avec un cynisme confondant, il écrit en 2013 dans son rapport sur l’abandon de Tromelin, baptisé « cogestion » : « Le cas échéant, ce dispositif conventionnel, (sur Tromelin),  pourrait fournir un modèle pour l’apaisement des multiples différends de même nature qui opposent …la France et Madagascar sur les îles Éparses du canal du Mozambique ».

 

Mais pire. Dès 2018 et le référendum programmé dans douze mois, c’est notre souveraineté sur la Nouvelle Calédonie qui est mise ainsi en danger. Et là ce serait la fin. La France serait chassée du cœur stratégique Pacifique, où la Chine, les Etats Unis, le Japon,  l’Australie, voire la Russie , vont écrire l’histoire du XXIème siècle.

 

D’autant évidemment que le précédent de Tromelin finira par être invoqué par le Mexique. Pour obtenir la « cogestion » de Clipperton, à 1500 km d’Acapulco. Là, c’est notre coffre fort minier, note caverne sous marine d’ Ali Baba, et tous nos bancs de thons que nous abandonnerions. La France se ratatinerait sur le pré carré et de mondial, notre pays se rétrécirait à un mouchoir hexagonal. Ce qui est, il est vrai,  la dimension accessible à l’envergure cantonale  des candidats à la présidentielle du cannabis, des circuits courts et du misérabilisme de l’aumône  au revenu universel

 

Tromelin c’est cela. Une  bombe juridique  à réaction en chaîne qui va  désintégrer la France monde. La machine à nous essorer et à réduire le manteau maritime impérial, aux 500 de nos  îles abeilles, à un kleenex pour  la politique à souffle court.

 

La réaction bien sûr est  alors à l ‘indignation. On pense forfaiture, au vieil article 75 de  l'ancien code pénal sur  la haute trahison, à l’article 413 -1 d’aujourd’hui sur les atteintes «  aux zones protégées intéressant la défense nationale », ou  au Code de justice militaire qui évoque « les  atteintes aux intérêts fondamentaux de la nation … » (art. 476-1 et s.).

 

Il faut toutefois  plus que penser. Il faut alerter. Il faut agir. Et c’est tout le rendez vous  l’élection du président de la République dont l’article 5 de la constitution ne dit pas qu’il est « le garant de la légalisation du cannabis », de la suppression de l’article 49 al.3 et au passage de l’ISF,  du revenu universel, des étiquettes sur les emballages des produits agricoles proposées par Fr. Fillon et autres coquecigrues des candidats des partis , mais qu’ « il est le garant de l'indépendance nationale, de l'intégrité du territoire ».

 

L’intégrité du territoire …C’est cela l’enjeu de Tromelin .

TROMELIN

Cannabis dépénalisé, ISF supprimé : Leurs priorités.

Tromelin, Nouméa, Clipperton, l’empire français : Mes priorités.

Tel : 06 03 40 30 23

FORCE VIE   avec Jean Claude Martinez